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Adrien BEYAERT, poête dans l'âme, fonda en 1929 une petite entreprise spécialisée dans la production et la commercialisation de fleurs et de plantes.

 

L'idée paraissait un peu incongrue à l'époque, et il était utopique de croire en un tel métier...

 

Cette affaire familiale, une des dernières du genre dans la région, en constante évolution, est toujours en pleine santé! Son activité s'est tournée principalement vers les particuliers.

 

Fleuriste, membre du réseau FLORAJET, horticulteur... Les serres BEYAERT à Rosendaël vous offrent la qualité d'un service de professionnels dont le savoir-faire s'est peaufiné depuis près de 80 ans.

JB Fleurs dans la Voix du Nord le 1er novembre !

dimanche 01.11.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 Philippe Beyaert ne se considère pas comme un gros producteur de fleurs. Il se dit «détaillant». Philippe Beyaert ne se considère pas comme un gros producteur de fleurs. Il se dit «détaillant».

|  TOUSSAINT |

« Un beau jardin est un refuge efficace contre les adversités de l'existence contemporaine. » « Je ne sais pas qui a écrit cette phrase », reconnaît Philippe Beyaert, mais elle ne semble pas près de s'effacer de sa mémoire et du mur de sa boutique. Cela fait des années que les lettres bleues sur fond jaune sont là. « On réécrit la citation à chaque fois que l'on repeint le mur », précise son épouse Isabelle.

 

PAR LAURENT LEYS

 

Les clients qui se présentent chez ces horticulteurs de Rosendaël trouvent-ils dans ces quelques mots matière à réconfort en cette période consacrée à leurs disparus ? Philippe Beyaert leur laisse la réponse. Pour sa part, il travaille à satisfaire les attentes des familles. « Nous sommes des détaillants. Nous avons des dizaines et des dizaines de clients. Ils nous commandent des fleurs », explique-t-il. Il montre un cahier où figurent les noms des personnes et le nombre de pomponettes ou de chrysanthèmes achetés.

Plus intrigant, en revanche, le second cahier. « Il y a des gens qui sont trop âgés ou trop éloignés de la région dunkerquoise pour se déplacer.

D'autres ne peuvent pas venir se recueillir sur les tombes. C'est le cas de parents qui ont perdu leur fille. C'est trop dur pour eux, détaille-t-il en tournant quelques pages. Ils nous passent commande et nous demandent d'aller fleurir leurs défunts. Ils nous demandent aussi de nettoyer la tombe. J'enlève les herbes, la mousse, mais je ne fais pas de gros travaux comme les joints. » Philippe Beyaert est informé par téléphone, par courrier ou par tacite reconduction. Dans ce cas, sans contrordre de la part des familles, il continue l'entretien - payant - d'année en année.

« Nous intervenons dans une dizaine de cimetières : ceux de Dunkerque, Leffrinckoucke-Village, Téteghem, Armbouts-Cappel, Socx...

 » énumère l'horticulteur. Toutefois, pas question pour lui de partir à l'aventure au milieu des allées ! Il faut qu'on lui donne assez d'indications pour qu'il trouve la tombe.

 

Aujourd'hui, dimanche de Toussaint, et demain, « vrai » jour des défunts, des familles se recueillent dans les cimetières.

Depuis quelques années, on assiste néanmoins à une évolution de la tradition : « Les gens y vont quelques jours avant pour éviter la foule. Ils étalent leurs achats, ce qui nous facilite le travail. ».

Comme ses collègues de Rosendaël - une zone propice à la production horticole et maraîchère -, il s'est adapté. Le chrysanthème ne règne plus en maître incontesté aux alentours du 1er novembre. « Depuis une trentaine d'années, tout a changé avec l'arrivée de la pomponette. C'est une plante plus résistante, plus facile à cultiver, plus volumineuse. » Depuis trente ans qu'il exerce, Philippe Beyaert dispose d'une solide expérience dans la production de fleurs, même si, comme il l'indique en souriant, il n'a ni CAP, ni BEP d'horticulture. En tout cas, il se lance sans peine dans une discussion à propos de la seconde citation bleue sur le mur jaune due à l'écrivain Érik Orsenna : « Le jardin, c'est de la philosophie rendue visible. »

 

dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-CHARLES BAYON